Solidarité Kanaky

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Nouvelle Calédonie : répression syndicale jacobine !

mardi 22 septembre 2009

L’Etat français, dans son plus pur style jacobin, a mis tous ses efforts en marche afin d’éviter la victoire de l’option indépendantiste, à l’approche du référendum qui pourrait avoir lieu en 2014.

Kanaky, le nom donné par les Kanaks à leur terre, est l’un des nombreux archipels d’Océanie, situé dans l’océan Pacifique, à 20.000 kilomètres du Paris continental de Sarkozy.

Toutefois, ces petites îles qui totalisent 19.000 kilomètres carrés, même si elles font partie de l’un des 16 territoires supervisés par le comité de décolonisation de l’ONU, continuent d’être dans la République française de manière totalement anachronique. Leur population est passée de 196.000 habitants recensés en 1996 à plus de 250.000 aujourd’hui (d’autres chiffres indiquent jusqu’à 300.000). Cette augmentation de la population est due en grande partie à l’arrivée de français, stimulée par les gouvernements successifs de la République qui octroient à ceux ci de nombreux avantages, ce plus particulièrement depuis les accords de Matignon en 1988 ; ceux-ci prévoyaient entre autres un référendum sur l’indépendance pour 2014. L’augmentation de la population a pour conséquence le fait que la population mélanésienne autochtone soit devenue actuellement minoritaire (44% des habitants).

L’activité économique en Nouvelle Calédonie (appellation donnée par James Cook en 1774, lors de la découverte de l’archipel pour le monde occidental), est surtout basée sur l’industrie et les secteurs primaires, dans l’exportation de nickel. Un quart des habitants vivent dans la pauvreté.

La Kanaky dispose aujourd’hui d’un statut officiel de collectivité sui generis, concédé par Paris, qui la situe à mi chemin entre un territoire indépendant et le statut de territoire d’Outre mer qu’ont d’autres colonies de l’Etat français comme la Martinique, Guadeloupe ou la mal nommée Guyane « française ». Cette qualification permet à la Kanaky d’avoir un congrès territorial avec certaines compétences, dont les principales sont aux mains de la métropole. Dans ce congrès, sur la totalité des 54 membres, 24 élus sont des indépendantistes issus de partis différents.

L’Etat français, dans son plus pur style jacobin, a mis tous ses efforts en marche afin d’éviter la victoire de l’option indépendantiste, à l’approche du référendum qui pourrait avoir lieu en 2014. Parmi les mesures prises pour arriver à cet objectif, il y a l’arrivée massive de citoyen-ne-s de France continentale, la désinformation médiatique dont le message est de faire croire que le bien-être économique de la Kanaky dépend de son appartenance à la France, et le déploiement de la répression contre les secteurs les plus actifs et conscientisés de l’indépendantisme, dont l’USTKE.

L’USTKE, deuxième syndicat plus représentatif de Kanaky, a impulsé la création du Parti Travailliste de Kanaky en 2007, comme réponse à l’apathie et à la convenance démontrée par d’autres secteurs nationalistes kanaks, installés de manière commode dans des mini postes institutionnels octroyés par l’Etat français. Avec la transmission d’un message indépendantiste clair, le syndicalisme de l’USTKE, qui appartient comme LAB à la Plateforme des Syndicats des Nations sans Etat, est très combatif et se mobilise quotidiennement dans l’action directe.

L’Etat français, dans une croisade sans précédent contre le syndicalisme revendicatif, s’attaque de front à l’USTKE. Le dernier chapitre de cette escalade répressive a été la sentence du 29 juin dernier et l’emprisonnement de Gérard JODAR, président de l’USTKE, ainsi que de 7 autres militants, condamnés à des peines qui vont de six mois à un an de prison, dont un an pour Gérard JODAR et un autre syndicaliste.

Les faits reprochés à ces syndicalistes : le blocage d’un décollage d’avion. La vérité est que les salariés d’Air Caledonie étaient en grève depuis trois mois contre un licenciement abusif opéré par la compagnie. Cette dernière ne voulant pas négocier, l’USTKE a organisé fin mai une protestation à l’aéroport. La police a dispersé le rassemblement de manière très violente, obligeant les manifestant-e-s à se réfugier dans la zone des avions pour éviter les gaz lacrymogènes.

Une campagne judiciaire contre l’USTKE s’est depuis mise en marche, aboutissant à des condamnations injustes et disproportionnées, aux accents politiques.

Mardi 25 août, la justice française s’est réaffirmée dans sa conduite, refusant la libération de JODAR et de ses camarades, n’écoutant pas les nombreuses demandes de libération effectuées par une multitude de syndicats, partis politiques et mouvements sociaux de Kanaky, de France et du monde entier. Diverses mobilisations se succèdent depuis. Le 22 août, des milliers de personnes sont sorties dans les rues de Nouméa, capitale de la Kanaky. LAB, qui a participé à plusieurs mobilisations, demande une fois de plus la mise en liberté des syndicalistes emprisonnés et l’arrêt de la répression de la part de l’Etat français, en Kanaky aussi. Nous appelons également les travailleurs-ses basques à se solidariser avec les camarades de l’USTKE, en informant et en dénonçant leur situation.

Non au colonialisme jacobin de Sarkozy !

Igor URRUTIKOETXEA, Secrétaire aux relations internationales du syndicat LAB

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